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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 00:00

Bonjour à vous tous et toutes,

 

Dans le cadre de la communauté de Canelle, La carte de France des Paysages, je vais vous parler du dernière entrepôt de sel de l'Archipel de St Pierre et Miquelon. Les photos ne sont pas de moi, mais proviennent du site de la DETAM ainsi que les explications qui a été chargée des travaux de restauration. Sauf les deux dernières, mais qui ne sont pas terribles, étant qu'en ce moment je ne peux pas le prendre en photo à cause de la brume.

 

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Les plus âgés des Saint-Pierrais se souviennent encore des nombreux entrepôts de ce type qui constituaient autrefois le paysage du fond du Barachois, dans le port de Saint-Pierre. « A la fin du 19e siècle, les abords de l’actuel magasin à sel étaient remplis de grands magasins, d’entrepôts, de coqueries (cuisines des graviers), de dortoirs et de très grandes étendues de graves pour le séchage de la morue. » En effet à l’époque de la Grande Pêche, derrière les graves, on trouvait de nombreuses constructions aux formes similaires, propriétés des grands armateurs. Dans ces entrepôts étaient stockés le sel, le matériel de pêche et probablement également la morue séchée ou verte (salée). Le magasin qui nous intéresse, propriété de la famille Monier, a probablement été construit au début des années 1900. Tout comme la forge Lebailly, dont la sauvegarde semble maintenant assurée, le magasin à sel est le dernier représentant d’un type de construction très répandu et très important dans l’histoire de l’archipel. Il constitue de ce fait un patrimoine essentiel.

 

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Un patrimoine ordinaire pourtant d’une grande richesse

Le magasin à sel est une grande structure entièrement en bois à la volumétrie simple. Il compte deux niveaux, l’étage étant partiellement sous combles. Les murs latéraux, constitués de montants d’une seule pièce, des fondations à la toitures, sont légèrement inclinés vers l’intérieur, ce qui amplifie l’aspect massif du bâtiment et lui donne de la hauteur. La toiture, dont la pente est de 60°, aujourd’hui constituée de contre-plaqué recouvert de bardeaux d’asphalte, était originellement faite de planches recouvertes de bardeaux de bois. Les montants de toiture ont aussi été remplacés par des pièces de section inférieure. Le bâtiment comptait quelques ouvertures, principalement deux séries de portes doubles, dans le pignon sud et dans la façade ouest, et de panneaux amovibles, par la suite remplacés par des fenêtres à guillotine, dans les deux pignons. En pignon sud, et autrefois en pignon nord, une porte donne un accès direct à l’étage où y étaient vraisemblablement hissées directement les marchandises par le biais de poulies fixées sur une poutre traversant le pignon. La lourde charpente reposait originellement sur des piliers en maçonnerie de pierre, en parties est et ouest. La fondation originale, toujours présente à l’est, a été remplacée à l’ouest par un mur de béton, coulé sur toute la longueur.

Le premier étage était autrefois divisé en box, contenant le sel. Vendu par la famille Monier en 1966, il était depuis utilisé comme entrepôt pour divers matériaux. Ces box ont vraisemblablement été démolis pour répondre aux nouvelles fonctions du bâtiment. L’intérieur se présente donc aujourd’hui comme une structure vaste à la charpente massive. On accède à l’étage par un escalier étroit accolé au pignon nord. Les marchandises étaient montées à l’étage soit directement par les portes extérieures, soit par une trappe percée dans le plancher de l’étage. Un bâtiment patrimonial très caractéristique donc et important dans le paysage architectural local. Un bâtiment qu’il convenait de restaurer à une état le plus proche possible de celui d’origine.

 

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Une restauration faisant appel à des techniques innovantes

Avant les travaux, la structure du magasin était dans un état global correct. Toutefois, le bâtiment étant très exposé aux vents, d’ouest principalement, la structure du bâtiment s’est peu à peu inclinée vers l’est, vers l’ancien aéroport. Le mur est s’était déformé et avait fait ventre (s’était bombé vers l’extérieur). Certains éléments de structure, les extrémités des poteaux et des poutres de planchers notamment, demandaient à être remplacés. L’ensemble du revêtement extérieur ainsi que nombre de planches étaient à remplacer.

Les travaux de rénovation cherchent à assurer la survie du bâtiment et à conserver le maximum d’éléments d’origine. Tout au long du chantier, une attention toute particulière est portée à la conservation du caractère et donc d’un maximum d’éléments du bâtiment.

La première étape consiste à redresser le bâtiment en exerçant une traction à l’aide de câbles d’acier et à le contreventer (le maintenir en place) avant d’en consolider la structure.

Par la suite, il convient de reprendre les pieds des poteaux, pourris en de nombreux endroits ainsi que les abouts des poutres et les solives du plancher du rez-de-chaussée. Afin de conserver la valeur patrimoniale du bâtiment, seules les parties dégradées sont remplacées par des pièces de mêmes dimensions, connectées aux parties existantes par tiges filetées avec injection de résine. Les piliers en maçonnerie de pierre sont renforcés par la mise en œuvre d’un enrobage de béton et un calage au mortier sans retrait est effectué entre la poutre bois et le dessus des massifs pour éviter les rétentions d’eau. De même, la base des murs est dégagée du terrain naturel afin d’éviter l’accumulation d’humidité.

 

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Les bardeaux et clapboards des murs sont enlevés. En pignon, le revêtement de planches est déposé afin de réparer les montants défectueux de la façade. Un nouveau bardage de cèdre est mis en place sur l’ensemble du bâtiment, y compris la toiture où le feutre existant est remplacé par des bardeaux de cèdre comme à l’origine. Une sous-couche d’aération est mise en place afin de garantir la longévité des bardeaux de bois de toiture. Un préservatif naturel est appliqué sur l’ensemble du revêtement. Aucune couleur n’est prévue pour l’instant.

 

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Les ouvertures (fenêtres et portes) récentes sont déposées. A l’origine, le bâtiment ne comportait aucune fenêtre, mais plutôt des portes et panneaux de bois obturant les différentes ouvertures. Ces éléments sont recréés par l’entreprise afin de redonner au bâtiment son allure originale. Pour faciliter l’utilisation actuelle du bâtiment, une porte provisoire en PVC a été mise en place. A la fin des travaux, cette porte sera retirée pour laisser place à une porte bois.

Le plancher du magasin, démonté afin d’intervenir sur les solives et poutres, est remis en place ; les éléments abîmés sont remplacés selon la même logique cherchant à conserver le maximum d’éléments d’origine.

Une fois la structure restaurée, le bâtiment est nettoyé à haute pression. Aucun autre aménagement à caractère patrimonial n’est prévu dans le bâtiment.

 

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Le voilà aujourd'hui, terminé, mais dès que le soleil fera à nouveau son apparition, j'irai le prendre en photo.

  

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Les explications peut être un peu longues, mais c'est une technique tellement différente qu'en métropole qu'elle méritait qu'on s'y arrête. J'espère vous avoir fait découvrir des choses nouvelles pour vous.

 

 

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commentaires

batiment commercial 09/12/2013 12:22

Il faut aussi tenir en compte que les constructeurs on leur mot à dire, car le cout de la construction parfois dépends de l’entreprise qui construit. On a besoin de réfléchir bien avant de commander et démarrer les travaux. Sinon on pourrait avoir des surprises une fois commences les travaux.
Donc gare aux décisions !

Tata Tounette62 31/05/2011 18:24



Bonsoir Agnès,


merci pour tes explications. J'ignorais tout de cette technique !


Bonne soirée, à bientôt



Alhemax 31/05/2011 20:26



Chaque lieu possède des savoirs faire, et c'est bien de les découvrir.



31/05/2011 17:28



Magnifique restauration qui permet de garder en mémoire les techniques des anciens.



Alhemax 31/05/2011 20:27



C'est très important je trouve.



Galantry26 29/05/2011 22:16



J'étais à SPM lors de la restauration, c'est vrai que c'est un sacré boulot, et on peut remarquer sur une photo, qu'il y a des moments où il fait assez chaud pour se mettre torse nu, mais ce ne
sera pas encore ce mois ci d'après ce que m'ont dit mes parents aujourd'hui, bisous Anne-Marie



Alhemax 29/05/2011 22:16



Ah non a moins d'avoir très très chaud !!!



Maedes 29/05/2011 01:42



Wahouuuuuuuuuu quelle technique!!!!
Je n'en avais jamais entendu parler!!!! et le rendu est splendide!!!!
Merci pour toutes ces explications bien utiles!!!
En regardant la première photo j'aurais parié que c'était des ardoises!!!! 
Mille bisous argentins



Alhemax 29/05/2011 13:43



Ici pas d'ardoises !!! du bois du bois, rien que du bois !!! Bises



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