Ymac a été classé par arrêté du 14 février 2008 au titre des monuments historiques en raison de l’intérêt ethnologique lié à
sa fonction de bateau-pilote.
Fig. 1 - Ymac, ex-Radar III. Photographie après 2003. © ...
Construit en 1965 à Mavilette (Nouvelle-Ecosse, Canada) par le chantier Alfred Boudreau, ce bateau traditionnel de pêche à coque en bois avait été initialement armé pour la pêche aux poissons plats par Alex Doucet, d’où son premier nom Alex D. Après avoir passé six ans sur le banc Georges, il a été acquis en 1972 par la Société des Pilotes de Saint-Pierre pour remplacer le Radar II qui avait brûlé et sombré dans la baie de l’Archipel.
L’ancien bateau de pêche a alors été transformé pour servir, pendant près de vingt ans, en tant que bateau-pilote et bateau
de sauvetage sous le nom de Radar III. Il a participé activement à la logistique de la grande pêche sur les bancs de Terre-Neuve. Il a ainsi guidé à l’entrée et à la sortie du port des milliers
de navires, parfois imposants, dans une rade extrêmement étroite et dangereuse du fait des conditions atmosphériques très difficiles, le brouillard, les courants et les vents étant à l’origine de
nombreux naufrages aux abords de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Fig. 2 - Radar III poussant le Langlade. Photographie av...
Désarmé en 1990, il a ensuite été utilisé jusqu’en 2000 pour le transport de dynamite lié à la construction de l’aéroport de Miquelon avant d’être laissé à l’abandon dans le port de Saint-Pierre. Racheté en 2003 par M. Lafourcade et rebaptisé Ymac, le bateau-pilote a donné lieu à la création de l’association « Sauvons notre patrimoine maritime » qui suit sa restauration et a pour objectif de faire du navire un ambassadeur culturel de l’Archipel.
Cette protection au titre des monuments historiques constitue une première dans la préservation de ce qui subsiste du
patrimoine de l’Archipel, qui ne compte que 6500 habitants et a perdu presque toute trace matérielle d’une histoire maritime de renommée internationale. Avec le Marité, Ymac est le dernier navire
en bois de Saint-Pierre-et-Miquelon. Mais ce n’est pas le souvenir du bateau de pêche des années soixante qui a motivé le classement ; c’est le témoignage ethnologique du temps où il se nommait
Radar III et était le bateau-pilote de Saint-Pierre-et-Miquelon, jusqu’au moratoire de 1992 qui marqua la fin de la grande pêche et l’afflux de milliers de bateaux du monde entier dans
l’Archipel.
Fig. 3 - Radar III dans les glaces. Photographie avant 1...
Si quelques vestiges matériels de cette terre de marins par excellence sont à sauvegarder d’urgence, comme l’ancien magasin à sel construit à la fin du xixe siècle à Saint-Pierre, seule bâtisse en bois restant sur le littoral de l’île et témoin d’une époque où l’on travaillait des milliers de tonnes de morue (Il a été entièrement restauré), le patrimoine immatériel maritime de l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon mérite également une grande attention, avant que ne disparaissent des générations de savoirs et de pratiques originales.
Comme vous pouvez le constater au fil des articles consacrés à St Pierre et Miquelon, si pendant un temps, le patrimoine n'était pas dans l'air du temps, il devient maintenant une réalité pour un grand nombre de St Pierrais.
Cet article est ma particiaption à Communauté La carte de France des Paysages, gérée par Canelle.






